Ludovic de Luna Technoblog d’un ovni chez les humains

Bloguer en complément d’un blog d’entreprise

Comme tout passionné de technologie, je passe une partie de mon temps libre à expérimenter. Le résultat est le plus souvent perdu dans un coin de mon disque dure. J’avais déjà pensé à ouvrir un blog afin de partager et approfondir différents sujets, mais c’était resté à l’état de projet. Mon employeur nous permet d’écrire sur un blog d’entreprise. J’ai ainsi pu me faire une première expérience en rédaction qui vas au-delà de l’écriture plus ou moins formelle en milieu professionnel. Néanmoins, le résultat n’était pas tout à fait ce que j’attendais. D’où une réflexion sur la tenue d’un blog personnel et mon questionnement autour du risque conflictuel de ces deux activités.

Objectifs du blog technique

La première motivation du blog technique est de partager notre savoir et nos découvertes. Ce n’est pas à sens unique. L’un des avantages pour l’auteur est d’approfondir ses connaissances et de la structurer. Écrire est un moyen d’apprendre, expliquer est une façon de retenir. C’est en tout cas en ce sens que j’oriente mes articles.

Pour alimenter le blog de l’entreprise, nous organisons une journée par semaine maximum dédiée à la rédaction, chacun son tour. Je ne sais pas si toutes les entreprises qui tiennent un blog permettent à leurs salariés d’y dédier du temps, mais je trouve l’initiative formidable. Cependant, il s’est avéré que je n’étais pas efficace à l’exercice. De façon intuitive, j’ai pointé deux freins :

Du coup, je rate régulièrement la fenêtre de tir pour la publication d’un article. Les solutions pour surmonter cette difficulté m’ont semblé évidentes, mais elles n’ont pas été concluantes. En revanche, j’ai identifié plus finement les véritables freins que j’avais.

Les freins au blog d’entreprise

La première raison d’écrire est mon envie de partager ce que j’apprends sur des « sujets qui m’interpellent ou me questionnent ». Mais c’est une activité qui se fait dans la durée et non sur une seule journée. Il faut une certaine préparation accompagnée d’une veille active en dehors des heures de bureau. Jusqu’à présent, cette veille m’a permis d’orienter la façon dont je conçois du code logiciel, mais ça s’arrêtait là.

La seconde raison est liée à la ligne éditoriale du blog d’entreprise. Il est essentiel que tous les articles brossent une image cohérente pour le lecteur. On peut écrire sur tout, mais on doit aller dans une direction commune. Partager son ressenti sur les technologies lorsque celui-ci n’est pas aligné avec les orientations business n’est bénéfique pour personne. Proposer une orientation technique qui n’est pas dûment validée en interne vas également poser question sur la légitimité de l’article. Tout ceci incite à la réflexion, ce qui est une bonne chose. Mais ce contexte rallonge d’autant la rédaction et peut entraver l’envie d’écrire.

Écrire sur un blog d’entreprise, c’est représenter l’entreprise. C’est différent d’un blog personnel. Et pour quelqu’un qui n’est pas habitué à écrire, c’est d’autant plus compliqué.

Pour le blog d’entreprise, j’ai trouvé qu’il était plus judicieux de rester sur du démonstratif autour de sujets déjà maîtrisés où de présenter un produit issu d’une recherche faite en interne de façon officielle. Cela simplifie la prise en compte de la ligne éditoriale tout comme le temps passé. On bénéficie également d’un retour constructif des collègues, ce qui est un avantage.

Mais ça me laisse sur ma faim. J’aime traiter d’un sujet en lame de fond. C’est pour moi un moteur pour approfondir des aspects que je n’ai pas l’occasion d’explorer dans mon activité – par manque de temps, parce que ce n’est pas la priorité ou que les orientations sont autre.

Le déclic

Je travaille sur des projets en Ruby / Elixir. Ruby ne me pose pas de problème, mais Elixir est nouveau pour moi. J’étais confronté à des difficultés et je n’arrivais pas à trouver de solution acceptable pour m’en sortir.

Mon lead technique m’a donc proposé un micro-projet Github pour expérimenter notre cas ensemble. Par la suite, les orientations exposées m’ont permis de trouver une meilleure approche. Mine de rien, ce projet était structuré comme un mini-article et m’a aidé à y voir plus clair. Pour mon lead, c’était aussi l’occasion d’approfondir sa propre compréhension du sujet. Nous y avons gagné tous les deux.

J’ai eu le déclic à ce moment-là. Je me suis dit qu’il serait utile d’expérimenter plus librement et de diffuser les résultats, conclusions, remarques et questions ailleurs que sur un blog d’entreprise.

Sur un blog personnel, les sujets vont et viennent en dehors d’un calendrier. Il n’y a pas besoin d’être aligné avec une position quelconque. Seul la recherche et l’expérimentation ont de l’importance, même si le résultat n’est pas du niveau d’un code en production. Je peux passer autant de temps que j’estime nécessaire et les écrits n’engagent que moi :)

J’y pensais de plus en plus… Et m’est venu cette question en boucle :

Ces deux activités sont-elles conflictuelles ?

Blog symbiotique

L’idée d’ouvrir un blog est farfelue sachant que je partais du constat que je n’arrivais pas à écrire pour le blog de l’entreprise. Comment un blog personnel pourrait m’aider ?

La première chose que j’ai constaté en produisant des articles sur le blog de l’entreprise est que l’envie d’écrire vient en écrivant. C’est comme l’appétit.

La seconde est que mon envie d’écrire n’est pas conditionnée à un format. Il y a toujours des sujets plus courts et démonstratifs qui découlent de mes expérimentations et qui trouveraient leur place dans un blog d’entreprise.

J’en suis arrivé à cette conclusion :

La difficulté initiale à la rédaction sur le blog d’entreprise n’était pas le manque de sujet ni même le temps consacré. Le vrai problème à toujours été « l’amorce ».

Ce qui m’amène à croire que les deux activités ne sont pas hermétiques et pourraient bénéficier l’une de l’autre. J’ai donc profité de mes « congés covid-19 » pour mettre en place ce blog, un peu en mode rush sans trop prendre le temps de finaliser proprement l’aspect technique. L’idée étant de démarrer un MVP (Minimal Viable Product) et de voir si je peux tenir sur un ou deux mois afin de confirmer mon sentiment.

Si c’est le cas, je structurerais mieux la partie technique et poursuivrais dans cette voie.

Anglais ou français ?

Mon premier choix était de produire des articles en anglais pour être accessible au plus grand nombre, puis je me suis ravisé. Pourquoi ?

Tout simplement parce que je ne suis pas « fluent » en anglais et que je souhaite avant tout lever les freins qui entravent la rédaction. Pour un blog technique, ce choix a été difficile : la totalité de mes recherches se focalise sur des ressources anglophones. Mais je préfère m’exprimer dans un français correct plutôt que d’imposer un anglais approximatif au phrasé maladroitement traduit.

Pour conclure

Ce blog est un premier pas pour structurer et partager plus efficacement mes expérimentations tout en me donnant matière à écrire des articles pour le blog d’entreprise. Je gagne également la liberté de suivre ma propre ligne éditoriale.

L’inconvénient pour moi est que je ne bénéficie plus de la relecture de mes collègues et leurs précieux conseils sur la formulation et le choix des mots. Mais je me lance quand même, toute occasion est bonne à prendre pour avancer dans la vie.